Impacts sur l’environnement

Un corridor écologique de premier plan

La ligne THT prévue sur 65 kilomètres, avec 145 pylônes de 40 à 60 mètres de hauteur espacés tous les 300 mètres, coupe en plein cœur le parc naturel régional de Camargue, réserve de biosphère UNESCO, ainsi que la Crau, steppe unique en Europe et notamment la Réserve Naturelle Nationale des Coussouls de Crau.

Ces territoires accueillent une avifaune exceptionnelle : flamants roses, hérons, aigrettes, spatules, milans royaux, vautours moines, outardes canepetières, cigognes blanches, sans compter des dizaines d’espèces de limicoles et d’oiseaux d’eau qui dépendent des zones humides camarguaises.

Grues cendrées © Jean-Luc Moya

Le Collectif THT13/30 rappelle que les infrastructures électriques de transport constituent l’une des principales causes de mortalité anthropique pour les oiseaux de moyenne et grande taille, notamment les grands voiliers et les rapaces diurnes. Dans un territoire où la densité d’oiseaux protégés est parmi les plus élevées de France, chaque nouveau pylône, chaque nouveau câble augmente exponentiellement le risque de collisions.

Des espèces protégées en danger direct

La Camargue et la Crau abritent plusieurs espèces classées « en danger » ou « vulnérables » sur les listes rouges nationale et européenne. L’outarde canepetière, dont la France accueille l’une des dernières populations nicheuses, est particulièrement exposée aux collisions en raison de son vol rasant et de sa faible maniabilité. Le milan royal, rapace protégé dont la Camargue est un site majeur de reproduction, utilise les pylônes comme perchoirs de surveillance, augmentant son risque d’électrocution.

Les flamants roses, symbole de la Camargue, sont également concernés : des cas de mortalité massive par collision ont été documentés sur des lignes électriques dans d’autres régions méditerranéennes, avec des dizaines d’individus tués en une seule nuit. Les cigognes blanches, dont les effectifs ont augmenté grâce aux efforts de conservation, restent vulnérables aux collisions lors de leurs migrations et de leurs déplacements quotidiens entre sites d’alimentation.

Flamant rose © Jean-Luc Moya

La mortalité directe d’individus d’espèces protégées est difficilement compensable : contrairement à l’artificialisation des sols, qui peut faire l’objet de mesures compensatoires (restauration d’habitats ailleurs), un oiseau tué par collision ou électrocution est une perte irréversible pour la population.

Cet projet met gravement en danger plusieurs espèces d’oiseaux menacées, dont l’Aigle de Bonelli, le Faucon crécerellette, l’Outarde canepetière, le Ganga cata et l’Alouette calandre. Ces espèces, toutes inscrites aux Plans Nationaux d’Actions ainsi qu’aux listes nationales et européennes de protection, voient leur survie compromise par le tracé actuel.

La prétendue option de « moindre impact » traverse les zones vitales pour ces oiseaux : leurs domaines de vie, voies migratoires, aires de distribution et zones de dispersion des jeunes. Ce choix maximise les risques, notamment pour le Ganga cata et l’Alouette calandre, qui ont déjà connu un déclin brutal en France à cause de la destruction de leurs habitats méditerranéens.

Le risque de mortalité par collision avec les câbles aériens est critique, en particulier pour le Ganga cata. Plus de 20 % du principal noyau de population traversé par la ligne pourrait disparaître, ce qui conduirait à un risque réel d’extinction de l’espèce sur le territoire français.

L’Outarde canepetière, également en danger critique, souffrait de la fragmentation de ses deux principaux noyaux situés entre le Gard et la Crau. La ligne aérienne THT ne ferait qu’augmenter les mortalités par collision, tout en perturbant la circulation et la reproduction de ces oiseaux, aggravant une dynamique déjà défavorable.

Le projet impacte également l’Aigle de Bonelli, en léger renouveau mais fragile, dont les zones de dispersion et d’erratisme juvénile seront affectées, ainsi que le Faucon crécerellette, qui concentre 23%
de ses couples nicheurs en Crau, exposé à des risques réels.

En novembre 2026, une note de la DREAL Occitanie a pointé toutes les lacunes de ce dossier concernant notamment les espèces d’oiseaux protégés.

Des alternatives existent

Face à ce constat, le collectif THT 13/30 défend une solution alternative : l’enfouissement partiel de deux lignes existantes et la création d’une ligne sous-marine entre l’Occitanie et Fos-sur-Mer. Cette option, bien que légèrement plus coûteuse permettrait de préserver les corridors écologiques, de réduire drastiquement la mortalité aviaire et de respecter l’engagement national en faveur de la biodiversité.

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Sauver les oiseaux, c’est sauver la Camargue

La mortalité des oiseaux n’est pas un « dommage collatéral » acceptable : c’est le symptôme d’un projet inadapté à la sensibilité écologique du territoire. Chaque pylône planté en Camargue, en Argence ou en Crau est une condamnation potentielle pour des espèces déjà fragilisées.

Le collectif THT 13/30 appelle les pouvoirs publics, RTE et l’État à revoir leur copie : enfouir, détourner, protéger. Parce que la Camargue sans ses oiseaux ne serait plus la Camargue.


Quelques exemples d’oiseaux menacés par la ligne aérienne THT