La prise de position de Renaud Muselier dans le dossier de la ligne très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer change sensiblement le rapport de force politique autour du projet. Dans un courrier adressé au préfet, le président de la Région Sud affirme son soutien à l’ambition industrielle et à la nécessaire décarbonation du territoire, mais il refuse que celle-ci se traduise par une décision imposée sans véritable examen des alternatives. En questionnant frontalement l’idée qu’une ligne aérienne de 400 000 volts constituerait la seule réponse possible, il ouvre un espace de débat que les opposants, les élus locaux et de nombreux acteurs du territoire réclament depuis des mois.
Cette prise de distance n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où la contestation du projet s’est largement structurée, portée par des collectifs citoyens, des associations de protection de l’environnement, des élus, des agriculteurs et des acteurs économiques attachés à l’avenir de la Camargue, de la Crau et des terres agricoles traversées. Depuis le début, les opposants dénoncent un projet conçu trop vite, trop haut, trop lourd, avec des conséquences durables sur les paysages, la biodiversité, les exploitations et la qualité de vie des habitants. La lettre de Renaud Muselier vient conforter cette lecture en rappelant qu’un projet d’aménagement d’une telle ampleur ne peut ignorer ni les réalités du terrain ni les engagements pris en matière de préservation des espaces naturels.
Dans le fond, la question posée dépasse le seul tracé d’une ligne électrique. Elle touche à la manière dont un territoire de forte valeur écologique et agricole peut accompagner la transition énergétique sans être sacrifié au nom de l’urgence industrielle. C’est précisément ce que défend le Collectif THT13/30 : non pas un refus de la transition, mais l’exigence d’une transition pensée, concertée et compatible avec les équilibres locaux. Les alternatives existent, qu’il s’agisse d’un enfouissement ou d’une stratégie énergétique plus cohérente avec les contraintes du territoire. Le débat ne peut donc pas se réduire à une opposition caricaturale entre développement et protection.
La portée de cette prise de parole est aussi politique. Lorsqu’un président de région estime publiquement qu’aucune logique de passage en force ne saurait être acceptée, cela signifie que le dossier ne peut plus être traité comme une simple affaire technique. Il devient un sujet de gouvernance, de démocratie territoriale et de responsabilité publique. À ce titre, la réunion des élus, des agriculteurs, des représentants du parc naturel régional et des associations autour d’une même exigence de dialogue apparaît comme un signal fort. Pour la première fois, de nombreux acteurs du territoire semblent converger vers une même idée : l’avenir énergétique du secteur ne peut pas être construit contre ceux qui y vivent, y travaillent et en protègent les richesses.
La suite dépendra désormais de la capacité de l’État et de RTE à entendre ce message. Soit la décision continue d’avancer dans une logique descendante, au risque d’alimenter durablement la défiance, soit elle s’ouvre enfin à une véritable réévaluation du projet, intégrant pleinement les impacts sur la santé, l’agriculture, la biodiversité et les usages du territoire. Dans un contexte aussi sensible, la sagesse consisterait à suspendre toute précipitation et à remettre l’intérêt général au cœur de la décision. C’est cette exigence que porte aujourd’hui le collectif THT13/30, avec constance et détermination.
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Contacts presse THT 13-30 :
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