L’Autorité environnementale dénonce un manque global de maturité du projet et une urgence non justifiée

Les critiques transversales majeures
Un projet encore insuffisamment défini
Un périmètre d’étude trop centré sur la ligne principale
Eau, hydraulique et zones humides
Un fonctionnement hydraulique encore incomplètement caractérisé

Dans un territoire comme la Camargue et le delta du Rhône, l’eau ne circule pas seulement dans les cours d’eau principaux. Les canaux, roubines, fossés et ouvrages de régulation jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des milieux et dans la gestion agricole.

  • la qualité des eaux souterraines ;
  • les captages d’eau potable ;
  • les milieux humides dépendant des nappes ;
  • les échanges entre eaux douces et eaux salées ;
  • les volumes et directions d’écoulement ;
  • le risque de pollution par les travaux.
Ganga Cata • Wendy Whitfield • CEN Paca

Le câble de garde pourrait concentrer jusqu’à 80% des collisions, mais le dossier ne quantifie pas le gain attendu de son épaississement. L’efficacité du balisage varie également selon :

Un évitement encore théorique
Une forte sensibilité paysagère
  • le risque subi par la ligne ;
  • le risque induit par les travaux et l’exploitation ;
  • l’accessibilité des ouvrages pour les secours ;
  • l’effet de la sécheresse sur la végétation située sous la ligne.
Une comparaison environnementale des solutions absente

Le dossier recense 108 projets existants, approuvés ou en cours, sur une aire de 10 km de part et d’autre de la bande de la DUP, auxquels s’ajoute le projet de parc éolien en mer (« PGL »), au cours d’une période de 10 ans précédant mars 2026. Les 72 projets situés en zone urbaine ou industrielle sont écartés de l’analyse standardisée au motif qu’ils « ne présent[e]nt pas d‘interactions.


Les 10 lacunes fondamentales et majeurs de ce projet sont les suivantes :

Un projet immature et imprécis
Une étude d’impacts insuffisante
Des besoins énergétiques mal identifiés, surévalués et qui n’intègre pas les notions de sobriété ou de mix énergétique
Des dangers mortels pour les oiseaux mal analysés
Un impact sur les paysages colossal tout en étant imprécis

À la lumière de ces constats, le collectif THT13/30 demande :

  • La suspension de toute procédure de DUP tant que l’étude d’impact n’aura pas intégré un tracé précis, des mesures d’évitement maximales et une comparaison sérieuse des alternatives dont l’enfouissement et les scénarios de sobriété.
  • Une réévaluation complète des incidences sur la biodiversité, les zones humides, les sites Natura 2000 et les paysages, incluant une démonstration crédible de l’équivalence écologique des compensations.
  • Une clarification des besoins électriques, de leur calendrier et de leur articulation avec les objectifs de réduction de la consommation et de développement des énergies renouvelables décentralisées.
  • Un débat public élargi, associant pleinement les acteurs locaux, les agriculteurs, les gestionnaires d’espaces naturels et les citoyens, avant toute décision irréversible.