Contrairement à l’idée souvent avancée par RTE, la solution portée par le collectif THT13/30 n’est pas « 10 fois plus chère » que les autres options. Les éléments de coût montrent au contraire des écarts bien plus resserrés entre les trois scénarios, selon les infrastructures retenues et les choix techniques associés.
Dans tous les cas, la question n’est pas seulement celle du prix affiché, mais celle du coût global pour la société : coût financier, coût foncier, coût écologique, coût paysager et coût territorial. À ce titre, le scénario aérien ne peut pas être présenté comme une solution simple ou peu coûteuse, dès lors qu’il entraîne des impacts lourds et des mesures d’accompagnement significatives.
Des ordres de grandeur proches
D’après le travail fourni par un expert indépendant, le scénario aérien RTE atteint un total de 3,68 Md€ pour 6 GW de puissance, soit 613 M€ par GW. La solution du collectif THT13/30 est évaluée à 3,99 Md€ pour 4 GW, soit 867 M€ par GW. Enfin, la solution de la Région Sud s’établit à 2,73 Md€ pour 3,2 GW, soit 853 M€ par GW.

Ces chiffres montrent qu’il existe des écarts, mais certainement pas un rapport de 1 à 10. La présentation d’une solution alternative comme démesurément plus chère ne résiste donc pas à une lecture sérieuse des montants annoncés.
La liaison Midi-Provence reste indispensable
Quel que soit le scénario retenu, une liaison Midi-Provence devra être réalisée pour sécuriser l’alimentation électrique d’environ 7 millions de personnes. Le besoin de renforcement du réseau est réel, notamment en raison de la vulnérabilité du poste de Tavel, identifié comme un point faible majeur du système.
Autrement dit, la vraie question n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment le faire de la manière la plus sûre, la plus sobre et la moins destructrice possible. Sur ce point, les solutions souterraines et les variantes défendues par le collectif ou la Région Sud montrent qu’il existe des alternatives crédibles à la logique du tout-aérien.
Un choix d’aménagement, pas seulement un choix technique
Comparer ces scénarios uniquement à l’aune du coût de construction serait réducteur. Les terres agricoles consommées, les atteintes à la biodiversité, aux économies touristiques, les paysages dégradés, les indemnités, les compensations écologiques et les dispositifs d’effarouchement constituent aussi des coûts réels, souvent durablement supportés par les territoires.
Le collectif THT13/30 défend une vision d’intérêt général qui intègre la sécurité électrique, mais aussi la protection des sols, de la biodiversité et des activités locales. À l’heure où la transition énergétique doit être cohérente avec la préservation des territoires, il est essentiel de refuser les simplifications et de regarder l’ensemble des impacts.

