Ce 18 juin à Arles, un signal politique fort a été envoyé à l’État et à RTE : 39 élus présents et 50 représentés, de tous bords politiques ainsi que de nombreuses associations citoyennes ont affiché, d’une même voix, leur opposition au tracé aérien de la future ligne à très haute tension entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. Cette mobilisation, rassemblée autour d’une photo symbolique chez une agricultrice directement concernée par le projet, au cœur de la Camargue, marque une étape inédite dans la contestation locale.
En ce jour hautement symbolique, faisant écho à l’appel du 18 juin, les élus ont rappelé qu’il ne s’agit pas d’un simple désaccord technique, mais d’un choix d’aménagement du territoire aux conséquences majeures pour l’avenir de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence. Leur message est clair : on ne peut pas imposer un tracé aérien de 65 kilomètres, avec des pylônes de 60 à 80 mètres de haut, sans véritable débat démocratique et sans prendre en compte les impacts agricoles, paysagers, patrimoniaux et environnementaux.

Cette prise de position s’inscrit dans une contestation ancienne et structurée. Depuis plusieurs mois, le collectif THT13/30, aux côtés d’associations, d’élus et d’acteurs du territoire, demande l’abandon du tracé aérien actuel au profit d’alternatives respectueuses des espaces traversés, notamment l’enfouissement partiel ou total des lignes. Les opposants rappellent qu’ils ne contestent pas l’objectif de décarbonation de la zone de Fos-Berre, mais refusent que la transition énergétique se fasse au prix d’une « balafre » irréversible sur des milieux naturels exceptionnels.


Passage en force : la négation des élus et des citoyens
Le passage en force de l’État sur le projet THT 13/30 constitue une remise en cause profonde du principe même de démocratie territoriale. En contournant les avis défavorables ou les réserves exprimées par les élus locaux, départementaux, régionaux et même certains représentants nationaux, l’État nie la légitimité de celles et ceux qui portent la voix des territoires et de leurs habitants.
Cette posture centralisée fragilise le pacte démocratique en reléguant au second plan les instances de représentation pourtant élues au suffrage universel, et en vidant de leur sens les processus de concertation et de délibération. Elle installe un précédent inquiétant : celui d’un pouvoir décisionnel déconnecté des réalités locales, où l’expertise de terrain, la connaissance fine des enjeux environnementaux, agricoles, économiques, sociaux et culturels et l’expression citoyenne deviennent accessoires face à une logique technocratique imposée.
À terme, c’est la confiance dans les institutions qui se trouve érodée, au détriment d’un aménagement du territoire équilibré, concerté et respectueux des équilibres écologiques et sociaux.
Fort de cette mobilisation inédite, le Collectif THT13/30 demande à l’Etat un moratoire immédiat sur l’instruction de la DUP et l’arrêt de la démarche de RTE qui envoie ses équipes et ses mandataires sur les terres des agriculteurs afin de préparer les futurs travaux.
Retour en photos de la matinée du 18.06.26 • Revue de presse en bas de page
© Crédit photos : Jean-Luc Moya • 2 Degrés Communication
Revue de presse
• France 3 (18.06.26) On se bat pour notre territoire et notre qualité de vie
• Objectif Gard (18.06.26) LIGNE THT L’opposition totale de 39 élus réaffirmée lors de la photo de groupe du 18 juin à Arles
• Midi Libre (18.06.26) THT Gard-Fos : l’union sacrée des élus contre le tracé aérien
• La Provence ((19.06.26) Ligne THT : les élus du territoire font bloc et immortalisent leur résistance par une photo symbolique à Arles
• Le Réveil de Midi (22.06.26) Terre d’Argence-Camargue-Crau : l’union sacrée des élus contre la ligne aérienne THT






































